Zac de la Tuilerie, la Ville de Yutz muscle son jeu autour de l’habitat

Initié à la toute fin des années 2000, sur 14,5 hectares entre l’avenue des Nations et les voies ferrées qui longent les bords de la Moselle, le projet de la Zac de la Tuilerie à Yutz, dont la Sodevam assure l’aménagement, a pris une autre dimension sous le mandat de Clémence Pouget, l’actuelle maire. Plus dense que prévu pour des raisons financières, avec plus de 800 logements, il fait la part belle à la mixité et à l’environnement. Avec la livraison récente d’un magasin Norma, le projet est entré dans sa dernière phase.

Si les emblématiques installations industrielles dont Champion Profil ou Safef ont disparu du paysage yussois et appartiennent désormais au passé, la réhabilitation a pris, comme souvent, du temps, les premières réflexions remontant à 2009. « La Sodevam a été sollicitée à l’époque par la Ville de Yutz, dirigée alors par Patrick Weiten, qui a toujours été visionnaire sur tous les sujets liés à l’aménagement, pour mener des études préalables sur quatre friches industrielles qui ont abouti début 2011 à la création de la Zac de la Tuilerie qui est aujourd’hui cet éco-quartier en voie de finalisation », explique d’emblée Armel Chabane, le président de la Société d’économie mixte Sodevam.

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Seul hic et de taille, le projet initial se heurte rapidement à la réalité financière« Il était clairement déficitaire », admet-il. La Sodevam s’est alors entourée de différentes compétences (urbanistes, spécialistes en sites et sols pollués, bureau d’études VRD) pour l’optimiser afin qu’il devienne réalité. « Nous avons trouvé trois sources d’économie : la gestion de l’eau pluviale de manière alternative et à la parcelle (1 million d’euros), l’amélioration de la dépollution grâce à une topographie artificielle (1 million d’euros) et l’augmentation du nombre de logements (de 500 à 800) pour obtenir deux millions de recettes en plus. »

Habitat, mais pas que…

Le projet de la Zac de la Tuilerie a donc connu pas mal de vicissitudes à sa genèse et a ensuite beaucoup évolué, notamment depuis 2020 et l’arrivée à la mairie de Yutz de Clémence Pouget. « Je ne souhaitais pas ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation, mais continuer celles en cours. Je voulais aussi revoir notre PLU (Plan Local d’Urbanisme). Via une étude approfondie, il est apparu évident qu’il manquait des logements pour les étudiants, les jeunes actifs ou encore les seniors dans la ville », se souvient l’édile yussoise. Des efforts ont été consentis en la matière et la ZAC de la Tuilerie rayonne dorénavant par sa mixité : collectif, maison en bande, de l’intermédiaire, du grand et du petit logement, etc. « On a tout ce qui peut se faire en termes d’habitat », admet Armel Chabane. Et ce n’est pas fini puisqu’il reste un dernier lot de logements seniors en vente. « Nous espérons poser la première pierre très bientôt », ajoute Clémence Pouget, pas peu fière par ailleurs de l’installation de l’enseigne Norma, inaugurée le 14 mai dernier. « C’est une sorte de respiration dans le quartier pour ne pas avoir que des immeubles à la même hauteur. »

Un projet très environnemental

Consciente de l’importance environnementale, Clémence Pouget a tenu à ce que le bâtiment dépasse les normes habituelles sur plusieurs aspects, avec un système de chauffage par pompe à chaleur et l’aménagement de 1600 m² d’espaces verts. Une sorte de fil conducteur dans sa stratégie puisqu’elle ambitionne d’installer un parc à panneaux photovoltaïques sur l’ancien emplacement de la société Pink (rue de la Barrière), dans le cadre du projet d’achèvement de cette ZAC de la Tuilerie. « Comme depuis le début, c’est l’occasion de faire des investissements qui vont nous permettre de diminuer par la suite les frais de fonctionnement, notamment sur nos bâtiments publics. » À l’origine, le projet intégrait également l’emprise des ateliers municipaux. Les reconstruire coûteraient 5 millions d’euros, les maintenir 2 millions. La ville et la Sodevam ont donc co-construit une solution consistant à déconstruire 1 000 m² de bâtiment pour dégager une emprise de 5 200 m² afin de créer de nouveaux logements et de réduire la participation de la commune à 600 000 euros. Une belle preuve d’un partenariat réussi entre la commune et la société d’aménagement !